Le non-verbe me tue

Je parle souvent peu. Non pas que je ne suis pas verbeuse. Je ne suis pas de ceux qui sont de peu de mots. Seulement parler pour rien dire n’est pas mon fort. Ça en fait aussi mon côté plate, enfin, ces ce que je pense de mon moi-même. Je suis une introvertie qui s’extériorise lorsque le ou les sujets sont passionnés, obligatoires en mon essence. On me dit d’une écoute active, calme et d’une analyse impartiale. C’est que vous n’entendez pas mon monologue intérieur. Un tonnerre après l’éclair. Je suis l’éclair et le tonnerre dans sa synchronisation la plus parfaite. Cependant on me voie, mais on ne m’entend pas toujours j’ai tendance à étouffer le son quand il le faut… et à aller au bat quand il le faut la ou personne n’ose faire la « trail » du sentier non-battu du cul de sac collectif. Confort à souhait n’est pas pour moi. Faut croire que j’aime porter les grandes causes à bout de bras. On me dit espèce rare qui vérifie ce qu’on lui dit avant d’en faire sa propre vérité, n’étais-ce pas la pierre angulaire de la santé mentale du commun des mortels? On me dit aussi philosophe…Dès que quelqu’un réfléchit on le dit philosophe…Alors que l’acte de philosopher se définit à la base par un minimum de deux personnes qui dialogues, échangent des questionnements qui se frappe l’un à l’autre, qui s’interloque, qui porte au doute de soi, le questionnement à plus grand que soi. Or, bien au-delà de la flatterie, ce n’est pas ce que je retiens, en fait cela m’attriste.

De nos jours on parle pour parler sans réellement parler. Ma profonde irritation dans notre société actuelle est le non-questionnement. La politique ne nous intéressent pas, de toute façon les politiciens sont tous des crosseurs…Belle mentalité de colonisé… Raison de plus pour faire une cueillette de donné sur ce que l’on croit trop grand pour un seul individu, seulement on croit être devenu simple numéro à code barre. Savoir comment et pourquoi on te crosse, non ? Trop compliqué! On préfère parler de la pluie et du beau temps. Pourtant à en entendre parler plusieurs cela semble être un sujet complexe. Et à chaque fois on assiste à la même connerie nase, vide de sens…Même pas foutu de se fier sur les prédictions des météorologues…Moi je vous parlerais bien des agriculteurs, eux ne se trompaient jamais sur le temps qu’il ferait. Mais ils ne font plus partie de ce que l’on valorise comme un travailleur noble. Le capitalisme et la mondialisation les on tués, annihilés. Mais à défaut de me trouver un trou entre vos maux, je m’abstiens de répéter les mêmes propos, à chaque fois, de peur d’être devenu trop lourde moi-même pour le sujet.

On préfère s’écouter chialer chacun dans son coin. C’est vrai que les gens ne porte plus de grande colère à bout de bras. Le droit à l’expression aura-t-il tué la source de l’expression elle même?
(Surtout ne pas trop sembler passionné…ça fait peur aux gens. C’est comme du Falardeau on se contente de ne retenir que son côté enflammé. Nous sommes maintenant conspirationniste de nos propres perceptions enrôlées.)

En attendant, je m’abstiens. Je vieillis dans mon coin comme une bouteille de vin scellé. Faite que je ne devienne pas ma propre amertume, tel un érable, qui par l’acidité de ses feuilles se tu lui-même, par la racine, au sol.

En attendant, je fomente.

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Compositon : Julie Mongeau

GBS: Génération Bon-marchée Sclérosée

Dans mon enceinte y’a comme un dédale ,
un ramassi de conneries qui ne collent pas
Jusqu’à mon système moteur extrapyramidal,
faisceau vestubulospinal responsable de mon équilibre,
réticulospinal pour mon tonus musculaire et
tectospinal pour ma tête qui dit non mais …
Quel bordel à Rat…le bole !

Jusqu’ici je me suis bien gardé.
Je me suis bien tenu, adroite, agille et docile
Fixe comme le Statut Quo…
Comme nos esti de dirrigeants dégentés,
désaparentés par la force de l’annexation
auréolés de papier avec 1 po. carré argenté

Désabusé, par le vide de nos désirs
préfabriqués, si vite consumés,consommés
à force de pensé à économiser
tu n’as pas pensé à épargner
tes valeurs failliblement déracinées,
le GBS s’est pris tout une raclée
Une génération Bon-marchée Sclérosée
accréditée et valorisée, par des clichés

Depuis que mon existence j’eu peinte
J’eu une fringale empreinte
D’une soif d’appartenance
qui plaide contre L’indifférence,
L’ignorance et l’abstinance politique
épique me pique
Car se qui marche droit
se pose
plus de question en soit 🙂

Désabusé, par le vide de nos désirs
préfabriqués, si vite consumés,consommés
à force de pensé à économiser
tu n’as pas pensé à épargner
tes valeurs failliblement déracinées,
le GBS s’est pris tout une raclée
Une génération Bon-marchée Sclérosée
accréditée et valorisée par des clichés

Comme une locomotive → ma pensée se glisse
se perd à ton oreille
juxtaposée dans le décor
à son antenne gît
→ le colmatage mental bilatéral ←

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Composition: Julie Mongeau

Iliade : Le voyage solitude l’âme dans son unicité.

 

AHhh La solitude
Elle n’a pas d’âge
Pas même de préférence
Elle porte sur son dos les critères que le monde le lui a infligé
« Me, myself and I ».
La solitude ne se dit pas
elle se vie, sans se voir.

Ne l’écoute pas, laisse là parler en solitaire!
Plus on l’a crie…
Plus elle prend vie, elle se batise,
créant une tension sur la corde raide.
Elle t’attise, un relâchement
sur ton fil de fer, d’une souplesse inédite.
C’est la descente hors de ton enfer.

La solitude…
Elle nous saute aux yeux
Par un trop beau matin
Celui que l’on nomme vieux jour
Comme un réverbère déchargé d’électricité.
Révélatrice d’une lumière agressante,
telle la blancheur,
vue par les yeux de l’aveugle.

Puis on s’y accroche, ne voyant qu’elle,
se noyant en elle
Se disant qui faut bien s’accrocher à quelque chose, elle finit étonnament par nous appartenir.

Puis, soudain, on la savoure.
Cette autre, toujours de passage.
Ce vent étrangé qui vous pousse,
vers l’ailleurs, que votre oeil vif , fixait, pieds joints,
pour assouplir votre jugement.

Rencontrer des solitudes culturelles
S’en imprégner
Revenir chez soi
Se sentir seul chez soi
Mais lié à un autre peuple
Une autre solitude

Une autre vérité
Qui vous rend inconnu chez vous
Mais de moins en moins…
Mourir seul avec soi
Mais s’étaler, et comment …
Se reconstruire un chez soi partout
Le voyage solitude l’âme dans son unicité
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Composition: Julie Mongeau

Dé-Composition: l’infiniment temps théâtrale de la poésie silencieuse, égotique

(Ego)
-Parfois, difficile de se faire front…
Je respire des sentiments intouchables,
Que je ressens pourtant
Des sentiments inodores, parfois porteurs d’odeur du passé
Révélateur, toujours incolore,Je ne parviens pas à les voir physiquement
Mais Mentalement, par le présent,
Les têtes sont frivoles d’ambiguïtés travesties !!!

(Conscient)
-À coup d’arc, sur l’Avenir
Perdre son dard, Investir
Comme un bonheur oublié, s’habituer
Claquements de dents nocturnes
Morceleur, prémâcheur de futur… aux urnes !!!!

(Ego)
-Se dire qu’on y ajoutera de la garniture…

(Conscient)
-Prochainement pourrais s’amorçer ton état de Décomposition, de Dé–Composition

(Conscient à l’égo)

-J’ai tombé en pleine face
Le coup brutal comme une fissure de clarté
Dans le noir profond qui tempère les nuits de l’aveugle
Défragmentation des scissures
De mon cerveau BARIOLÉ
Dé–composition de ma Pensé !!!
Me tricherai-je sous serment ???
Les dés sont jetés, ils sont ma composition actuelle…
Actuaire du temps !

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Composition : Julie Mongeau

La nuit

Douce nuit, rudes prouesses
Dehors pétales se referment
Se blottissent contre les siennes
La solitude rembarque dans les souliers des oubliés
L’étau se resserre
L’appétit du loup gronde
L’âme à l’envers
Cartier de lune en clin d’œil
TÊTE ORPHELINE
Fausset sans fond

Comme un intrus
La vérité qui frappe à ta porte
Le disque qui bogue
Qui joue « steady »

La vertu apaise
La musique soigne
Le cœur se détache
Recoud couture jusqu’à l’aube
La tête se lasse du corps
Défait les nœuds du filet
Qui emprisonnent cœur et tête
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Composition: Julie Mongeau

L’ami ronneur du peuple

L’homme amironné
C’est le refus de s’agenouiller
C’est l’étoffe démaillée
Celui qui dénout les tripes
L’Homme de principes
L’intellectuel marginal
Le verbe caricatural
Qui articule trop fort
Qui dérange le confort
Par son langage à vieux jurons
Langage d’émotions
Langage d’audace et de véritées
Un peu échevelées

L’homme amironné
C’est la reliure du livre qui est nôtre
Livre d’histoires à dormir deboute
Livre de conteurs de légendes
Livre noire du Canada anglais
Livre d’une histoire innachevée
Brasseux d’affaire de peuple
C’est la capacité de raisonner
Avec le recul dans l’ici-maintenant
Une oeuvre vivante même en post-mortem

Je cris à la censure
Emplie de fissure
Données de bases sporadiquement éradiquées
De l’éducation historique de notre peuple
Et ce dans nos écoles, gens québécoise
Gaston miron se retournerait
Dans sa tombe, littérairement
À tes oreilles d’accents déchuent
Vertu pourquoi ne te révoltes-tu jamais ?
Conscience collective, ou flottes- tu ?
Société archaïque tombe et sombre
Dans l’oubli de la poche du plus riche

Je suffoque de nous Québécois
Par notre histoire, retranchée et retranscrite
Par le temps présent, incertain et boîteux
Ma respiration est tenaillée
Mon souffle refiltré par un chant
En mon âme …
Celui de l’homme amironné
Martyr mental des peuples à genoux
En mon pays tu es devenu agonie collective
Comme le témoin devient litige de nos origines en exiles.
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Compositon: Julie Mongeau

L’Aveu

J’avais comme une forme d’angoisse latente
comme un cancer endormit qui suce l’énergie sans que je le sache.
Une incertitude centrale parmi les certitudes environnantes.
Une cible indéfinie et sans contour.
À ton humble ombrage,
la mire est devenu un point définie et grandissant dans mon abdomen,
montante jusqu’à ma cage thoracique.
Une coupure, un déclique, un déclin qui domine mon point d’ancrage,
comme un rien dans toute l’immensité de nos désirs vivants.
Crois-moi, je ne savais pas que c’était vivant un désir.
C’est qu’à force de trop vivre dans la peau de l’autre,
on se perd soi-même.
On devient, soudainement, comme ça, un matin, étrangé à ce qu’on est devenu.
Le moi veut se disocié du nous.

C’est toujours le matin que la vérité reluit,
tel une photophobie, on ne la veut pas,
on la jetterait au bout de nos bras,
car on ne la choisi pas.
Comme un appel, un cri strident de l’enfant qui est interpellé par l’ailleurs. L’aillleur celui que l’on à jamais finit de rêver mais que l’on a oublie et que l’on retrouve au fond de sa poche…
Ou simplement trop lointains pour y avoir songé avant. On vieillit, on change, sans qu’on le sache. Un membre du couple recherche plus la sécurité alors que l’autre meurt d’envie d’être stimulé. On pense la vie… souvent en fonction de nos propres contraintes personnelles, émotionnelles, irrationnelles et même physiques. Ça bâtit des perceptions, ça s’interloque, comme deux fous qui crient leur vérité au monde entier sans que personnes comprennent quoi que ce soit.

Je sais, les mots me manquent, c’est inexplicable, comme une culpabilité que la raison appui, sa propre raison, pas nécessairement celle des autres. Tu traites mes désirs comme tu traites les tiens. Tu les négliges, comme tu le fais à toi, par ta condition physique… Tu leur donnes vie toi aussi mais tu les juxtaposes sur moi tel une sépulture. Où suis-je, dans toute ta place qui prend toute la place, dans tes projets qui me susurrent la grammaire de tes craintes, tel une syntaxe parfaite, non-aléatoire, irréfutable à toi?

C’est quand tout devient inconditionnellement questionnement, que l’on se rend compte que l’on s’est perdu, qu’on s’est oublié quelque part soi-même. À rajouter des questions sur les points d’interrogations. Je ne sais pas et pourtant, je sais que je ne sais plus rien de la vie et de cette vie. Plus comment dire, plus comment faire, pour continuer, à avancer, la tête au claire, lasse et frivole. MA FORCE, MA FORCE, s’est fendu comme une buche ! Je ne sais plus, je ne sais rien, rien, rien, rien de rien…. Mais voilà que le danger des sacrifices est de se perdre en l’autre. J’ai mal fait ça, j’ai BRÛLÉ la chandelle par les DEUX bouts, pensant que la lumière valait plus que la mèche. Je n’ai pas su doser là où il le fallait, pointillé par pointillé,  jusqu’à la ligne droite. Jusqu’au jour ou, on réalise, qu’ont se bat contre soi, que l’on rapetisse sans cesse la cible du télescope, sa propre lentille qui fixe et scrute le lointain. Tel une provocation, un dernier test, une dernière analyse, ça prend toute la place dans ma vingtaine avancée. Comme une imminence. L’urgence de vivre.

Abdiquer est un mot que je déteste! Mais « Saisir le jour » est une expression qui rime avec la grandeur de mes détours, peut-être un peu trop pointu, pour nous deux. Et pourtant, tu vaques ! Tu dévalorises ouvertement mon chant intérieur, mes désirs étouffés, par ta verbalisation plus convaincu que convaincante. Quand tu parles, j’entends souvent ton toi, « TA » situation, mais à force, il c’est indigné entre nous un déséquilibre, vers ton penchant. Je bascule de tout bord tout côté, et d’habitude j’ai le rebond facile, mais là, je ne me sens pas stable. Mon ressort déraille.

Doucement, comme une discrète dérape, inconcevable même, je m’enlise, c’est inextricable, comme un gouffre dans lequel je me mine d’inquiétudes relativisées. Je suis à la dérive de moi-même, contre moi. À force de maux endurcient, à force de tout, de moi, de toi et pas de toi à la fois…Je me suis vue devenir ton antagoniste.

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Compositon: Julie Mongeau

Last Call

Le last call est lancé
Le bustier remonté
Le morale à tombé

Le last call qui raisonne
V’là la solitude qui détonne
Elles vont rentré
Vers leur monde esseulé

Le récit hebdomadaire
À saveur éphémère
Fredonne au plancher
L’illusion expirée

Pourtant elles avaient su rêver
Dans les bras d’Orphé
Au serment nuptial
Comme si l’amour se consommait
Qu’en un seul vial

Elles s’en retournent chez elles
Leur bonheur ne venant plus d’elles
Titubant sur leur présent
Ne respirant plus que des amants
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Composition: Julie Mongeau